Que dit la Sainte Vierge dans les Évangiles ?
Lumière et Vie – juillet-août. 2019, Vol 72, No 4 – Une publication de la Province Dominicaine Occidentale
Que dit la Sainte Vierge dans les Évangiles ?
Par le P. Brian Mullady, OP, MST
Marie ne parle que quatre fois dans les Évangiles, mais chacune est pleine de sens à la fois pour son rôle dans l'Église en tant que Vierge et Mère et pour nous en tant qu'enfants. Chaque fois qu'elle parle, elle aborde une expérience commune des membres de l'Église du Christ.
La croissance dans la prière est une question constante pour tous les chrétiens baptisés. Le fondement de toute croissance dans la prière est la grâce qu’un chrétien reçoit au baptême et qui fait de chacun un membre de l’Église. Cette grâce implique le pardon des péchés car il s’agit en réalité d’un changement dans la nature de l’âme du chrétien. Par ce changement, l'homme reçoit l'union à la Sainte Trinité, toutes les vertus et dons du Saint-Esprit. Nous pouvons connaître comme Dieu sait et aimer comme Dieu aime, mais cela exige notre coopération. Nous vivons aujourd’hui dans une culture qui saisit le fait d’être Dieu par le simple pouvoir humain, visible dans tout, de l’avortement au déni de la vérité. A cela Marie dit : « Qu'il me soit fait selon ta parole. » (Lc 1, 38)
Les êtres humains sont souvent frappés et hypnotisés par leur propre désir de diriger le monde. Au lieu de : « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », ils sont tentés de dire : « ma volonté soit faite au ciel comme elle doit être faite sur la terre ». Saint Augustin dit que toute la concupiscence est contenue dans : « le désir de dominer ». Les êtres humains peuvent rechercher la manipulation et la domination dans les choses les plus simples comme l'emplacement des meubles ou la couleur des murs. L’orgueil amène les gens à attribuer la béatitude à toutes sortes de choses, de récompenses, de postes et d’expériences qui ne peuvent pas l’apporter. Lorsqu’Élisabeth qualifie Marie de bienheureuse, elle dément simplement en disant : « Mon âme magnifie le Seigneur et mon Esprit se réjouit en Dieu mon Sauveur. » (Lc 1, 46)
Dieu peut parfois sembler caché aux gens, surtout dans la souffrance. Les gens se demandent où il peut être trouvé. La sécheresse dans la prière peut amener une personne à croire qu’elle a perdu son âme et à penser que la prière est inutile. Certains abandonnent tout espoir et rejettent la religion et la vie vertueuse. Marie et Joseph cherchèrent Jésus pendant trois jours et lorsqu'ils le trouvèrent dans le Temple, elle dit : « Mon fils, pourquoi nous as-tu fait cela ? Ton père et moi t'avons cherché avec tristesse. (Lc 2, 48) Jésus ne leur reproche pas de le chercher mais d'avoir perdu trois jours à le faire. Ils savent qui il est. Où devraient-ils le chercher sinon dans le Temple ?
Les actions ordinaires de la vie quotidienne ne doivent pas nécessairement devenir l’étoffe d’une haute vertu. Pourtant, la dernière déclaration de Mary concerne le fait d'éviter à un couple d'être embarrassé par le manque de vin lors d'une fête. Marie montre sa compassion pour eux et sa confiance en son Fils en intercédant pour eux : « Mon fils, ils n'ont pas de vin ». Les actions quotidiennes sont le lieu où doivent être pratiquées les vertus les plus nécessaires comme l’intégrité, la générosité et l’humilité. Marie s'adresse ici à chacun de nous et montre sa contemplation complète du Christ dans la foi : « Faites tout ce qu'il vous dira ». (Jn 2, 5)