Que dirait la Sainte Vierge du Purgatoire ?
Lumière et vie – septembre-octobre. 2019, Vol 72, No 5 – Une publication de la Province Dominicaine Occidentale
Que dirait la Sainte Vierge du Purgatoire ?
Par le P. Réginald Martin, O.P.
Maintenant que nous avons réfléchi à la nature du Purgatoire, nous pourrions nous demander ce que notre Sainte Mère dirait de la prière pour ceux qui languissent là-bas, aspirant à l'union éternelle avec son Fils, notre Seigneur et Sauveur. Commençons par considérer que certains des sentiments qui nous sont familiers (par exemple, notre plaisir pour la nourriture et le sexe) ne nous accompagneront pas au-delà de la tombe, car notre appréciation de ceux-ci dépend du corps. Cependant, d’autres sentiments, tels que l’amour, la joie et le chagrin feront partie de notre vie après la mort, et la foi enseigne qu’ils seront touchés par nos prières et nos suffrages offerts pour ceux qui sont décédés. (« Les suffrages » sont des prières d'intercession, des indulgences, des aumônes et d'autres œuvres pieuses, notamment le sacrifice de la messe.)
Ces actions profitent aux fidèles défunts de deux manières. Nos bonnes œuvres revendiquent la justice de Dieu ; nos prières font appel à la miséricorde de Dieu. Dans le Credo, nous professons notre foi dans la communion des saints, une relation durable entre les membres de l'Église qui ne se termine pas avec la mort. Cette vie communautaire est fondée sur l’amour de Dieu et peut être nourrie même après la mort.
Il faut cependant rappeler qu'après la mort, cette vie communautaire est un état dont jouissent les âmes qui ont mérité une place au Purgatoire. Nos prières et nos bonnes actions n’ont aucun effet sur les âmes admises au Ciel – ou sur celles condamnées à l’Enfer. Saint Augustin décrit très succinctement le but des suffrages lorsqu'il observe : « Les suffrages profitent à ceux qui ne sont ni très bons ni très mauvais ».
Notre Sainte Mère, modèle de l’Église sur terre, n’en est pas moins notre modèle dans ses soins envers les membres de l’Église après leur mort. Notre Catéchisme cite la liturgie byzantine de la fête de la Dormition de Marie, le 15 août, (« s'endormir ») :
…dans ta Dormition tu n'as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu, mais tu as été jointe à la source de la Vie. Vous avez conçu le Dieu vivant et, par vos prières, délivrerez nos âmes de la mort. (CEC, 966)
Cette confiance trouve un écho dans le document du Concile du Vatican, Lumen Gentium, qui déclare :
Elevée au ciel, elle n'a pas abandonné sa fonction salvatrice mais, par son intercession multiple, continue de nous apporter les dons du salut éternel… C'est pourquoi la Sainte Vierge est invoquée par l'Église sous les titres d'Avocate, d'Aide, de Bienfaitrice et de Médiatrice. (LG, 62)
Il suffit de chercher plus loin que le Rosaire pour adopter un suffrage prôné depuis des siècles par les saints et les écrivains dévotionnels de l’Église. Prier le Rosaire exprime notre foi dans l’aide indéfectible de Marie dans cette vie et notre confiance en son aide à l’approche de la vie que nous espérons partager avec elle dans le Royaume de Dieu.